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Guide · Conseils

Chauffage électrique :la sortie est déjà datée.

Si vos pièces sont chauffées par des résistances électriques, le canton de Vaud a fixé un horizon. Voici ce que le texte prévoit, ce qui peut vous donner du temps, et par quoi remplacer.

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Ce que le canton de Vaud a décidé

Si votre maison est chauffée à l'électricité — des radiateurs à résistance dans chaque pièce, un plafond ou un sol chauffant électrique, un chauffe-eau électrique — vous êtes concerné par un texte cantonal : le décret sur l'assainissement des chauffages et chauffe-eau électriques, souvent abrégé DACCE. Il est entré en vigueur le 1er janvier 2025 et vise environ 22'000 logements dans le canton.

Deux dates structurent ce décret. La première est derrière nous : les propriétaires concernés devaient s'annoncer auprès de la Direction de l'énergie ou de leur gestionnaire de réseau électrique avant le 30 juin 2025. Si vous ne l'avez pas fait, ce n'est pas perdu : prenez contact avec la Direction de l'énergie, l'annonce reste la première étape logique de votre dossier.

La seconde date arrive : le remplacement du chauffage électrique est demandé pour le 1er janvier 2033. Les chauffe-eau électriques sont visés au même horizon. Sept ans, cela paraît confortable. En pratique, entre le certificat énergétique, la demande d'aide, le délai d'accord du canton et le carnet de commandes des installateurs, un projet de ce type se compte en mois, parfois en une année entière.

Une précision d'honnêteté, parce que vous l'entendrez peut-être au village : la directive qui précise l'application du décret est suspendue depuis janvier 2025 à la suite d'un recours. Cela ne supprime ni le décret ni l'obligation de s'annoncer, qui restent en vigueur. Cela signifie que certaines modalités de détail se précisent encore. Miser sur une disparition du texte reste un pari, et un pari qui coûte cher si vous le perdez à deux ans de l'échéance, quand tout le canton cherchera un installateur en même temps.

Les dérogations dépendent de votre classe CECB

Le canton ne demande pas la même chose à une maison très gourmande et à une maison bien isolée. Le tri se fait avec le CECB, le certificat énergétique cantonal des bâtiments. Concrètement : un spécialiste agréé visite votre maison, relève l'isolation des murs, du toit, les fenêtres, le système de chauffage, et attribue une lettre à l'enveloppe du bâtiment, de A (très performant) à G (très gourmand). C'est un document officiel, payant, valable plusieurs années, et il revient dans presque toutes les démarches énergétiques vaudoises. Autant le faire établir tôt : il sert ensuite à tout.

Ce que le canton prévoit selon la lettre obtenue :

  • Classe D ou E — consommation électrique moyenne : prolongation du délai de cinq ans, soit jusqu'au 1er janvier 2038.
  • Classe A, B ou C — consommation électrique faible : dispense provisoire, réévaluée tous les trois ans.
  • D'autres dérogations peuvent être demandées sur dossier auprès de la Direction de l'énergie lorsqu'elles se justifient par des intérêts publics et privés, notamment en cas d'incapacité financière du propriétaire à réaliser les travaux.

Autrement dit, une villa de Chavornay bien rénovée dans les années 2010, fenêtres triples et toit isolé, peut très bien se retrouver en classe C et gagner du temps. Un chalet non isolé au-dessus de Baulmes, lui, sera fixé beaucoup plus vite. Faire établir le certificat, c'est arrêter de spéculer : vous saurez dans quelle case vous êtes.

Premier chemin : créer un circuit d'eau chaude

Le chauffage électrique classique n'a pas de tuyaux. Chaque convecteur fabrique sa chaleur sur place, à partir du courant. Pour installer une pompe à chaleur air-eau, il faut donc créer ce qui n'existe pas : un circuit d'eau, une nourrice, des émetteurs, un ballon d'eau chaude.

C'est le chantier le plus lourd des deux, mais c'est aussi celui qui donne le meilleur résultat final : une seule machine chauffe toute la maison et l'eau des douches, la régulation est unique, et l'installation vaut ensuite comme n'importe quel chauffage central. Dans une villa des années 1970 à Grandson, le passage des tuyaux se fait souvent en plinthes ou en faux plafond de couloir, sans toucher aux murs porteurs. Le désordre est réel pendant deux à trois semaines, il n'est pas éternel.

Deux moments rendent ce chemin bien plus facile : une rénovation intérieure déjà prévue (sols refaits, cuisine changée), ou un changement de propriétaire. Si vous refaites vos sols de toute façon, faire passer un plancher chauffant en même temps divise le coût réel du circuit.

Deuxième chemin : rester sur l'air

L'autre solution ne crée aucun tuyau d'eau : la pompe à chaleur air-air. Une unité dehors, une ou plusieurs unités dedans, du fluide entre les deux, et l'air de vos pièces est chauffé directement. Le chantier se compte en jours, pas en semaines. Les percements sont de petits diamètres.

La contrepartie est double. D'abord, l'air-air ne fait pas l'eau chaude sanitaire : il faut garder un ballon, ou passer à un chauffe-eau thermodynamique. Ensuite, la chaleur se diffuse depuis quelques points seulement : une maison à couloirs et portes fermées chauffe moins régulièrement qu'un appartement ouvert. Pour un appartement en propriété par étages à Yverdon-les-Bains, ou un logement compact à Yvonand, c'est souvent la solution la plus sensée. Pour une ferme sur trois niveaux à Baulmes, beaucoup moins.

Ce que ça change sur la facture

Le principe tient en une phrase : un convecteur électrique transforme un kilowattheure de courant en un kilowattheure de chaleur, pas plus. Une pompe à chaleur, elle, va chercher dehors une chaleur gratuite et restitue en général trois à quatre fois l'électricité qu'elle consomme sur l'année. Vous ne changez pas d'énergie — vous restez à l'électricité — vous changez la quantité qu'il en faut.

C'est ce qui rend le cas électrique différent du cas mazout : il n'y a pas de nouvelle énergie à apprivoiser, pas de citerne à vider, pas de ramonage à supprimer. Il y a simplement beaucoup moins de kilowattheures à acheter chaque hiver. Le détail des ordres de grandeur figure sur notre page prix.

L'ordre à respecter, sinon l'aide vous échappe

Une seule règle, mais elle est absolue dans le canton de Vaud : aucun achat, aucun travail avant l'accord écrit du canton. Pas avant le dépôt de la demande : avant la réponse écrite. Signer un bon de commande le samedi et déposer le dossier le lundi suffit à tout perdre. Le bon ordre est détaillé dans notre guide sur les subventions vaudoises, et le volet autorisation dans celui sur l'annonce à la commune.

Notez aussi qu'il existe un code de mesure spécifique au remplacement des chauffages électriques décentralisés à résistances. Votre installateur le connaît ; c'est lui qui prépare les pièces techniques du dossier.

Par où commencer concrètement

Trois gestes, dans cet ordre : faites établir votre CECB pour savoir dans quelle case vous êtes ; faites regarder votre maison par un professionnel pour savoir lequel des deux chemins techniques lui convient ; puis seulement, montez le dossier d'aide. Vous pouvez demander un devis gratuit pour l'étape deux : la visite permet de dire, chiffres à l'appui, si le circuit à eau vaut son chantier chez vous ou si l'air-air fait le travail. Vous en ressortez avec une réponse écrite, sans engagement, et vous décidez ensuite avec les vrais montants sous les yeux.

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